Tant pis, je ré-ouvre...
Je rentre dans une période un peu dure pour moi. C'est bête, je sais cette
histoire de date mémorable, mais demain c'est la date anniversaire de
l'écho qui a tout fait basculer... à partir de ce jour-là, je serais
capable de re-tracer mon emploi du temps à l'heure près sur les 10 jours
terribles qui ont suivi...
Je suis allée à la maternité tout à l'heure pour le RV du 8ème mois ainsi
qu'un RV avec l'anesthésiste. Tout va bien (mais repos total dès mon arrêt
tout de même !) Mais la sage-femme m'a d'abord demandé si j'avais fait une
amniocentèse pour cette nouvelle grossesse. Aïe, la blessure s'ouvre, je
ne peux pas répondre, le mot "non" est bloqué dans ma gorge. Elle me
demande si ça va. Oui ça va, mais je ne peux pas, peux plus en reparler...
Puis entre ces deux RV, j'ai joué le rôle du coursier pour mon dossier
médical, que, bien entendu, je n'ai pas pu m'empêcher de lire. Et là,
j'ai été frappée par la froideur et le détachement des courriers écrits
par l'obstétricien et adressés à mon gynécologue de ville. Cela donnait à
peu près:
"Au vu du risque faible de T21 déterminé suite à la première
échographie, associé au résultat de 1/1100 du triple test, ma patiente a
considéré qu'un risque combiné de 1/6600 ne justifiait pas une
amniocentése et qu'elle se contenterait d'un suivi échographique.
Je l'ai bien sur informée que les ultrasons ne permettait pas de voir
les chromosomes..."
J'insiste sur les "..." qui en disent long, ah, ah, bonne petite
blague...Toutes ces décisions ont été très difficiles à prendre, et là,
pas une once de compassion. Qu'on s'en tienne au faits médicaux, d'accord.
Mais le "...", c'est vraiment trop.
Sans compter que je suis "2nd geste, primipare". L'anesthésiste a marqué
ça lui aussi dans son dossier. Cela signifie, "1er bébé, 2ème grossesse".
C'est bon Hugo, on ne t'oublie pas, mais je regrette que ce soit de cette
façon là... Je pense beaucoup à toi en ce moment. Et l'autre jour j'ai
beaucoup pleuré. D'habitude je me resaisis vite, mais là je n'y arrive
pas. D'autant plus que l'homme de ma vie a toujours trouvé ma tristesse
"disproportionnée". Oui, mais l'amour, c'est aussi une certaine démesure.
